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French left speaks of total collisions on Sarkozys timetable
(In march, regional elections are held in France)
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Devant le conseil national de l'UMP, samedi 12 janvier à Paris, Nicolas Sarkozy a adoubé Tony Blair. "C'est un grand d'Europe", s'est exclamé le président de la République, ne tarissant pas d'éloges à l'égard de l'ancien premier ministre britannique. Même s'il s'est gardé de l'expliciter, le président français confirme ainsi l'appui qu'il entend apporter à son éventuelle candidature pour la première présidence stable du Conseil européen selon les dispositions du traité européen de Lisbonne.
C'est en effet à la présidence française, au second semestre, qu'il reviendra de préparer la répartition des trois postes-clés de l'Union : outre la présidence du Conseil européen, celle de la Commission et la fonction de Haut Représentant pour la politique étrangère, qui aura également le titre de vice-président de la Commission.
"Cela ne va pas être la partie la plus facile de la présidence française", prévient Jacques Barrot, le commissaire européen chargé des transports, ne cachant pas son scepticisme sur l'initiative du chef de l'Etat. "Contrairement à ce que l'on semble croire ici, Tony Blair ne bénéficie pas d'une si bonne image en Europe. Il est très contesté par les autres partis et responsables socialistes, à commencer par José Luis Zapatero, et je ne crois pas que le PPE (Parti populaire européen, rassemblant les représentants de la droite) l'accepterait", analyse-t-il.
Peu en chaut à M. Sarkozy, qui, en promouvant la candidature de l'ancien leader travailliste, ne voulait pas manquer l'occasion d'introduire un nouveau ferment de division dans les rangs du PS français. Le président de la République était aux anges, samedi, lorsque son "ami Tony" s'est fait l'apôtre du changement et, surtout, de la transgression des frontières politiques. "Une chose est aussi importante que la distinction traditionnelle entre la gauche et la droite : la différence entre une politique qui se tourne vers l'avenir et une autre qui s'accroche au passé", a affirmé M. Blair, à qui les responsables de l'UMP ont réservé un accueil chaleureux.
Toujours pour le plus grand bonheur de M. Sarkozy, l'ancien chef du gouvernement britannique, se définissant comme un homme politique "de centre gauche", a subtilement joué le jeu de l'"ouverture" : "Aux Etats-Unis, je serais démocrate. Au Royaume-Uni, je suis travailliste. En France, je serais probablement... au gouvernement. Non, je plaisante. Je serais au Parti socialiste, mais aux côtés de ceux qui ont à coeur de le transformer", a-t-il précisé.
M. Sarkozy n'en demandait pas plus. Avec M. Blair, il tenait un formidable argument de vente pour le choix politique qu'il a fait depuis son élection d'intégrer au gouvernement des personnalités venues d'autres horizons. "Récapitulons : il est intelligent, il est courageux, il est fidèle... Un socialiste comme ça, il a toute sa place au gouvernement", a insisté le chef de l'Etat, pas mécontent de pouvoir ainsi souligner l'"archaïsme" du PS français.
Le propos, cependant, était à double usage. Il valait tout autant pour les responsables de l'UMP, qui ont applaudi des deux mains le discours de l'ancien premier ministre britannique mais continuent de s'interroger sur les bénéfices de l'ouverture alors que se profile l'échéance des élections municipales. Sur le terrain, ils ont du mal à en mesurer les retombées et, au contraire, voient s'accumuler les signes d'impatience. "Moi, je fais de la politique", les a bousculés M. Sarkozy, leur intimant d'"essayer de réfléchir".
M. Sarkozy s'est lancé dans son cinquième plaidoyer de la semaine, retrouvant les accents du discours qu'il avait prononcé un an plus tôt, lorsqu'il avait été investi par l'UMP pour l'élection présidentielle. Il a une nouvelle fois énuméré toutes les réformes qu'il entend conduire en même temps. "Vous voyez, je n'ai pas changé", a-t-il conclu.
Tuesday, 15 January 2008
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